Analyse antiraciste du rapport au territoire, à l’autre et à l’écriture dans Aimititau ! Parlons-nous !

Elise Couture-Grondin

Résumé


Aimititau ! Parlons-nous ! (2008) propose un projet de correspondances littéraires entre écrivains/es autochtones et non autochtones créant ainsi « une nouvelle langue appartenant au territoire de l’amitié et de la création ». Cet article considère l’échange épistolaire en lien avec le territoire physique et le contexte social. L’auteure explore certaines des tensions entre les discours qui promeuvent un partage d’humanité, au-delà des différences, et les conditions matérielles des injustices qui se perpétuent. Elle propose l’analyse de deux correspondances, celles entre Denise Brassard et Rita Mestokosho, et entre Nahka Bertrand et Jean Désy, qui mettent de l’avant un lieu commun d’où établir le dialogue, soit le lien avec la nature et le métissage. Couture-Grondin suggère alors que les discours interculturels doivent tenir compte de la matérialité du racisme, qui continue d’affecter nos relations, et de la matérialité de l’écriture, qui permet de reconnaître la positionalité des discours et la particularité des traditions intellectuelles et de création autochtones.

Aimititau ! Parlons-nous ! (2008) proposes a project of correspondences between Aboriginal and non-Aboriginal writers from Quebec that creates “a new language which belongs to the territory of friendship and creativity”. This paper considers the relationship between the epistolary genre, the physical territory, and the social context. The author explores some of the tensions between discourses that promote the idea of sharing humanity, beyond differences, and the material conditions of ongoing injustices. She analyzes two correspondences, between Denise Brassard and Rita Mestokosho, and between Nahka Bertrand and Jean Désy, which uses a common ground to establish their dialogue, either the relation to nature or the definition of a common identity. Couture-Grondin argues that intercultural discourses must take into account the materiality of racism, which continues to affect current relationships, and the materiality of writing, in a way that acknowledges the positionality of discourses and the particularity of Indigenous intellectual and creative traditions.

Mots-clés


Littératures autochtones; genre épistolaire; antiracisme; réconciliation; justice; Aboriginal literatures; epistolary genre; antiracism; reconciliation

Texte intégral :

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DOI: https://doi.org/10.26522/vp.v13i2.1442

ISSN 1925-0614